Focus sur le projet RIPDI
L'Association pour la promotion du développement local (APDEL), en collaboration avec
l'Institut pour les droits de l'homme et le développement en Afrique (IHRDA) et Mère de
l'espoir Cameroun (MOHCAM), a mis en œuvre le projet RIPDI dans les régions du NordOuest et de l'Ouest au cours des trois dernières années, avec le soutien financier de l'Union
européenne.
La détérioration des conditions de vie des personnes déplacées dans les régions du Nord-Ouest
et de l'Ouest résulte de l'escalade des combats entre les groupes armés non étatiques, les forces
militaires, de défense et de sécurité, entraînant la destruction de villages et d'infrastructures,
d'écoles, de biens, l'extrémisme sexuel et violent, des traumatismes psychologiques, du stress
et des déplacements forcés. La forte prévalence de l'insécurité, l'impossibilité pour les enfants
d'aller à l'école, les difficultés d'accès à la nourriture, à l'eau, à la santé et à d'autres besoins et
services de base, ainsi que les rapports faisant état de violences fondées sur le sexe subies par
les femmes déplacées et d'autres abus, et les nombreuses violations des droits de l'homme,
exigent des mesures énergiques. Il est nécessaire de trouver des solutions durables pour
l'intégration locale dans les zones où les personnes déplacées ont trouvé refuge.
Cette situation a conduit à la naissance du projet RIPDI dans les communautés affectées dans
les régions du Nord-Ouest et de l'Ouest du Cameroun. Le projet RIPDI vise à renforcer
l'inclusion et la protection des personnes déplacées dans deux régions du Cameroun (NordOuest et Ouest), en mettant l'accent sur la création d'espaces communautaires sûrs, la promotion
du dialogue pour une coexistence pacifique entre les personnes déplacées et les communautés
d'accueil.
Le projet a contribué à restaurer la confiance, la dignité et les droits de l'homme, ainsi qu'Ã
renforcer l'estime de soi et l'autonomie des personnes déplacées, en collaboration avec les
communautés d'accueil, afin d'améliorer la cohésion sociale et la consolidation de la paix. Il a
également créé des relations pour le dialogue social, le renforcement des capacités de résolution
des conflits, la narration tout en augmentant la participation des personnes déplacées dans les
affaires locales de la communauté avec l'aide des comités de cohésion sociale de la communauté
(3C) et des mobilisateurs de la communauté.
Le projet RIPDI a favorisé l'accélération de la domestication de la Convention de Kampala de
l'Union africaine pour la protection et l'assistance aux personnes déplacées à l'intérieur de leur
propre pays grâce à ses engagements en matière de plaidoyer et de renforcement des capacités
avec les OSC, les avocats et les journalistes. Le projet a également permis la production de
données de haute qualité sur les personnes déplacées, ventilées par âge, sexe, localisation et
diversité, et utilisées au cours du processus de mise en œuvre du projet.
Le projet RIPDI a abordé la protection des droits des populations déplacées à l'intérieur du pays
par l'intermédiaire des acteurs de la protection communautaire. Il a également facilité la
participation des personnes déplacées et des communautés d'accueil aux efforts visant à faire
progresser leurs droits d'accès à la documentation et à l'éducation.Le manque d'informations sur les besoins et les vulnérabilités des personnes déplacées a été
comblé grâce aux campagnes de sensibilisation menées par les radios communautaires dans les
régions du Nord-Ouest et de l'Ouest. Compte tenu de la nature prolongée du déplacement et de
la nécessité de pérenniser les moyens de subsistance des personnes déplacées et l'impact du
projet, le projet RIPDI a créé des opportunités génératrices de revenus et de moyens de
subsistance pour les personnes déplacées et les communautés d'accueil. Il s'agissait de résoudre
leurs problèmes de logement et de terres agricoles. L'accès à la terre par les personnes déplacées
était un défi et la résolution des problèmes d'accès à la terre était donc une étape clé du processus
de construction de la paix. Le projet a permis aux populations déplacées d'accéder à la terre
grâce à leur plaidoyer et à leur collaboration avec les chefs de communautés et d'autres
institutions.
Ensemble, en tant qu'équipe, nous avons pu mettre en place une filière d'orientation durable en
matière de protection, avec des compétences, des expériences pratiques et une résilience en
matière de renforcement des droits de l'homme et de la cohésion sociale. Nous avons également
été en mesure de créer des relations significatives avec le gouvernement, les OSC, les
partenaires locaux et les dirigeants communautaires. Nos initiatives communautaires conjointes
ont produit un changement systémique à long terme dans les communautés affectées vivant
avec des personnes déplacées, en promouvant leur participation, leur inclusion et les moteurs
de développement de la paix dirigés par la communauté.
Adah Mbah Muyang, Présidente Mother of Hope Cameroon-MOHCAM.